En 2025, l’équilibre des forces sur le marché automobile européen ne suit plus la hiérarchie des années précédentes. Un constructeur chinois, jusqu’alors cantonné à une présence jugée marginale, s’impose désormais parmi les groupes historiques.
Les modèles électriques de nouvelle génération prennent le pas sur certains segments décisifs. Les vieilles alliances perdent du terrain, éclipsées par des stratégies d’intégration verticale qui rebattent les cartes. Désormais, la compétitivité se mesure autrement. Les lignes de front bougent, la notion de rivalité industrielle s’invente de nouveaux contours.
Le marché automobile européen en 2025 : une révolution portée par l’électrique
Le marché des voitures électriques en Europe n’a plus grand-chose à voir avec celui d’il y a quelques années. En France comme chez ses voisins, la progression des véhicules électriques immatriculés impressionne. On ne parle plus d’un simple frémissement mais d’une percée massive : plus d’un million d’unités vendues sur le continent en 2024, cap désormais dépassé chaque année. L’électrique pèse au-delà de 20 % du marché dans plusieurs pays, un basculement historique là où le thermique semblait indétrônable.
À la source de ce dynamisme, le bonus écologique et des gammes accessibles, accélérées par la percée des constructeurs chinois. BYD, MG, Leapmotor : hier méconnus, ces noms s’invitent aujourd’hui dans les chiffres qui font réagir les directions des groupes européens. Leur secret : des modèles qui affichent une autonomie WLTP au niveau des meilleurs, parfois même supérieure, tout en maintenant des coûts de fabrication très serrés.
Quelques repères concrets permettent de mieux cerner ce nouvel ordre :
- L’autonomie WLTP s’impose au cœur des comparaisons, avec des modèles chinois qui talonnent, voire dépassent, les références européennes.
- Sur le prix, la stratégie est sans détour : offres compétitives, appuyées par des soutiens publics et une efficacité industrielle redoutable.
- Résultat : plusieurs modèles venus d’Asie s’installent dans le top 10 des ventes de voitures électriques en Europe.
Face à cette montée en puissance, les constructeurs européens, Stellantis en première ligne, ne peuvent plus se contenter de leurs acquis. La voiture électrique trace la nouvelle frontière du marché automobile européen, et chacun doit revoir sa copie pour rester dans la course.
Quels nouveaux acteurs bousculent l’équilibre face aux géants traditionnels ?
La carte du pouvoir industriel se redessine à grande vitesse. Stellantis fait face à des constructeurs chinois qui, désormais, ne se contentent plus d’épisodes sporadiques sur le marché. BYD, MG et Leapmotor installent leurs modèles durablement, rivalisant sur l’autonomie WLTP et la puissance, avec des prix qui secouent le marché. Leur tactique : grimper en gamme à leur rythme, proposer des voitures électriques abordables, et s’étendre vite grâce à des réseaux de distribution qui s’étoffent mois après mois.
Quelques chiffres illustrent ce virage. BYD franchit le seuil des 150 000 unités écoulées en Europe sur douze mois. MG, avec son ZS EV, s’invite parmi les dix modèles électriques phares du continent. Quant à Leapmotor, moins connu, il accélère sa percée en s’alliant avec Stellantis pour la distribution et la conception, une stratégie qui ébranle les certitudes des groupes historiques. Désormais, la gamme couvre tout l’éventail : citadines, SUV compacts, modèles hybrides rechargeables et 100 % électriques pour répondre à tous les usages.
Pour mieux comprendre le positionnement de ces nouveaux venus, observons les forces en présence :
- BYD : offensive sur les SUV et berlines électriques, avec des autonomies WLTP dépassant les 400 km.
- MG : stratégie de prix affûtée, modèles familiaux en hybride et électrique.
- Leapmotor : percée sur la citadine électrique, et partenariat tactique avec Stellantis.
Le jeu ne se limite plus à une opposition classique entre groupes européens ou américains. Les alliances se multiplient, les standards techniques bougent, la transition électrique sert de catalyseur. Les acteurs historiques se retrouvent face à une concurrence capable d’imposer ses propres règles et de forcer la cadence.
Stellantis à l’épreuve : forces, faiblesses et perspectives dans la course à l’électrification
Chez Stellantis, issu de la fusion PSA et Fiat Chrysler, la transition électrique prend des allures de course contre la montre. Le groupe capitalise sur un portefeuille solide : Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, toutes marques dotées d’une forte identité et d’un réseau de distribution étoffé. Les modèles phares – Peugeot e-208, 2008, Citroën ë-C4, Opel Mokka-e – conservent une place de choix sur le segment des voitures électriques et hybrides rechargeables.
Mais la compétition se resserre. Les modèles chinois rebattent la donne, faisant pression sur les tarifs et accélérant l’innovation. Stellantis, parfois lent à dégainer ses nouvelles plateformes électriques, voit la part de ses modèles hybrides et électriques progresser, mais la marche reste haute. La mutation s’accélère, mais l’équilibre demeure fragile.
Pour répondre à la donne, Stellantis mise sur un plan industriel ambitieux : gigafactories en France, Allemagne, Italie ; alliances pour garantir l’approvisionnement en batteries. L’objectif : que chaque voiture particulière vendue en Europe soit électrique d’ici 2030. Sur le terrain de l’offre, le groupe multiplie les déclinaisons : SUV compacts Peugeot et Opel, versions hybrides pour Citroën et Fiat, tout en adaptant ses modèles aux nouvelles exigences d’autonomie WLTP et de puissance.
| Marque | Modèle électrique phare | Segment |
|---|---|---|
| Peugeot | e-208 | Citadine |
| Citroën | ë-C4 | Compacte |
| Opel | Mokka-e | SUV compact |
| Fiat | 500e | Citadine |
La question reste entière : Stellantis pourra-t-il préserver son rang face à la double vague des nouveaux venus et des rivaux européens ? Le tempo s’accélère, la compétition ne laisse aucune place à l’attentisme.
Zoom sur le rival le plus sérieux : analyse des modèles et stratégies qui menacent la suprématie de Stellantis
En 2025, c’est le groupe Renault qui s’affirme comme adversaire de poids face à Stellantis. Sa stratégie électrique se traduit par une gamme entièrement revue, conçue pour un marché européen en pleine mutation. Le nouveau Renault Scenic E-Tech donne le ton. Avec une autonomie WLTP dépassant 600 km sur les versions haut de gamme, il vient défier sans complexe le Peugeot e-3008, pilier des SUV compacts.
Renault ne mise pas tout sur une seule carte. Sur le terrain des compactes, la Mégane E-Tech électrique, reconnue pour sa modularité et son équipement numérique, joue les trouble-fêtes face aux Peugeot e-308 et Opel Astra Electric. La tarification suit une logique offensive : en combinant bonus écologique et maîtrise des coûts, Renault propose des conditions d’achat qui font mouche.
Voici les modèles qui symbolisent cette montée en puissance :
- Scenic E-Tech : autonomie, espace à bord, innovations embarquées.
- Mégane E-Tech : plateforme dédiée, autonomie équilibrée, prix ajusté.
Renault mise sur une expérience numérique enrichie, une chaîne d’approvisionnement européenne renforcée et une anticipation pointue des normes à venir. Les versions hybrides rechargeables restent présentes, mais l’accent est clairement mis sur les véhicules 100 % électriques, en phase avec la mutation réglementaire du secteur. Grâce à son identité affirmée et à la densité de son réseau, Renault s’impose comme le principal challenger, prêt à bouleverser la position de Stellantis dans cette bataille européenne où chaque avance se compte.


